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a) Pendant les sessions assises
On pourrait dire aussi : « Expérimente toute chose comme rêve. »
Pour s’ouvrir à l’éveil du cœur et de l’esprit, il est nécessaire de se détendre. C’est dans la détente que se relaxent les conceptions. Il s’agit de détendre ce que nous sommes.
Le point est que la solidité de ce que nous sommes se construit dans la relation solide que nous entretenons avec un monde solide. La pratique est d’apprendre à voir la fluidité du monde, ce qui permet d’avoir avec celui-ci une relation plus souple et aussi de se relâcher intérieurement, d’être moins dur, moins solide. C’est là qu’intervient cet aphorisme.
Dans le rêve, le « penseur-sujet-onirique » expérimente les projections de son esprit comme monde onirique ; et si nous voyons nos projections diurnes pour ce qu’elles sont, nous voyons toute chose comme rêve.
C’est une façon de suggérer que ces expériences sont dénuées de nature propre, de nature en soi, comme le serait l’expérience d’un rêve reconnu comme tel.
Nos expériences habituelles sont vécues comme des choses réelles, tangibles, solides, concrètes : nous avons l’impression que notre expérience d’une situation est « ce qui est tel que c’est ».
Nous prenons notre expérience pour la réalité et nous nous fixons sur cette expérience comme définitivement réelle ; la pratique ici consiste à supprimer ou à réduire cette fixation. Plutôt que de considérer nos expériences comme tangibles, réelles, concrètes, nous apprenons à les considérer comme rêve, semblables à une projection onirique. Et, en fait, c’est leur nature véritable.
Tout ce que nous expérimentons habituellement, tout ce que nous saisissons dans notre connaissance comme objets extérieurs, est en fait une projection de notre esprit qui, dans son processus cognitif, identifie, saisit tous ces objets qui constituent son monde et qu’il appréhende comme étant réels. Hormis cette existence en tant que projections de notre esprit, les apparences du monde extérieur n’ont pas de réalité propre, n’ont pas de réalité en elles-mêmes.
On emploie souvent d’autres images pour évoquer cela, comme la réflexion de la lune sur l’eau, un mirage, une hallucination, une projection... mais la principale est celle du rêve.
Le fait de reconnaître que notre expérience est le résultat de nos projections nous introduit à un certain lâcher-prise ; et il y a déjà là le début d’une expérience de transparence. Si nous ne
prenons pas notre version de la situation comme la réalité vraie et définitive, il est de plus en plus possible de voir au travers de nos projections qui deviennent alors plus
transparentes.
à suivre...