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a) Pendant les sessions assises
« Contemple la nature non née du connaisseur. » « Contemple la nature de la connaissance innée. »
C’est aussi voir la vacuité de l’expérience, voir la vacuité de l’expérimentateur. Pour voir, on regarde. Nous regardons donc ce que nous sommes, ce qu’est le sujet observateur ; et à force
d’observer ce qui de par sa nature se dérobe à l’observation, nous observons le sens de l’inobservable...
C’est une paraphrase d’une stance des Souhaits de Mahamudra.
C’est une sorte de koan. A force de contempler, de « tourner de plus en plus vite », il peut y avoir une percée... une observation qui est à ce moment-là une vision de la vacuité. C’est la
vacuité de l’observateur.
La première stance prend en considération, plus particulièrement, les phénomènes du monde extérieur, les objets. Celle-ci s’intéresse au connaisseur, à l’esprit qui connaît ou qui fait
l’expérience de ces apparences comme étant semblables à un rêve.
Cet esprit, ce connaisseur, cette connaissance, comment sont-ils ?
Nous examinons ainsi cet esprit, notre esprit, même s’il y a une démarche paradoxale dans la tentative du sujet à s’observer lui-même, celui qui cherche étant précisément ce qui est censé être vu. Aussi y a-t-il beaucoup d’étapes dans cette pratique et la contemplation de ce que nous sommes, de ce qui en nous connaît, la contemplation de la connaissance en elle-même nous révèle petit à petit une situation beaucoup plus fluide et souple, car nous ne trouvons pas profondément quelque chose de stable, de solide auquel nous puissions donner le nom de moi, d’observateur ou de connaisseur.
En examinant cet esprit nous nous rendons compte que ses aspects passés sont simplement passés, que l’esprit futur n’a pas encore d’existence et que l’esprit présent, à bien le considérer, n’a pas non plus une consistance ou une réalité saisissable : si nous le considérons en détail, si nous l’analysons, il se dérobe. A ce point, ou bien cet esprit présent n’existe pas, se dérobant comme nous venons de l’évoquer, ou alors il est une connaissance qui, reposant en elle-même, connaît en elle-même.
Lorsque la nature véritable de l’esprit est contemplée, au-delà de la notion de soi, d’observateur, de point de référence central, cette connaissance a un caractère total, absolu, tel que rien
n’est autre que celle-ci. Et, en l’absence d’altérité, cette connaissance n’a pas de créateur. C’est pourquoi elle est innée, ce qui veut dire « non produite ».
La pratique suggère de contempler la nature du connaisseur et, dans cette contemplation, le connaisseur en tant que sujet, en tant qu’observateur ou en tant que moi, se dérobe aussi.
Bodhicitta au niveau ultime se développe dans l’expérience de la transparence des projections extérieures puis dans celle du connaisseur qui en est le témoin.
à suivre...