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a) Pendant les sessions assises
Cela peut se dire aussi « Demeurer en la nature de l’alaya est l’essence de la voie. » ou : « L’essence de la voie est de rester en la nature de l’alaya. »
On envisage souvent huit niveaux de conscience. Il y a les consciences sensorielles attachées aux six sens ; ce sont les six premières. Il y a une septième conscience qui s’approprie, se greffe
sur les six premières. C’est en quelque sorte la conscience des six premières consciences, le fait d’être conscient, de percevoir en termes d’objets visuels, auditifs, olfactifs, etc. C’est la
conscience de l’ego, le sentiment de moi qui vient se greffer sur les expériences sensorielles. Et le huitième niveau est ce que nous appelons la conscience fondamentale, l’alaya-vijñana, ou
même simplement l’alaya.
C’est le niveau fondamental qui est la base aussi bien de la confusion et de l’expérience du samsara que de l’éveil.
Cette stance suggère de laisser l’esprit dans son état fondamental au-delà des sept consciences. Celles-ci sont uniquement et purement des conceptions et leur existence n’est que dans le
processus de conception de l’esprit. Aussi, en l’absence de conceptions, ces sept consciences disparaissent, se dissolvent, et l’esprit reste alors dans sa nature fondamentale qui est l’alaya.
Cet alaya est un état de lucidité autoconnaissante, un état dans lequel l’esprit est connaisseur de lui-même en lui-même.
C’est ce qui est aussi nommé la claire-lumière.
L’alaya est la base de tout, le fondement universel. C’est la nature de l’esprit dans sa qualité essentielle et fondamentale. C’est l’esprit libéré des conceptions habituelles. Et c’est aussi
un état de transparence lucide, ce qui est précisément la qualité de bodhicitta ultime.
Ayant vu à un certain niveau le caractère irréel et intangible du connaisseur et de ses objets, les conceptions sont laissées : elles s’apaisent ou se dissolvent alors d’elles-mêmes ; et dans
leur dissolution se révèle la nature véritable de l’esprit, c’est-à-dire l’esprit fondamental, l’esprit pur au-delà des conceptions, au-delà des concepts et des représentations. On laisse alors
l’esprit dans son état de repos, dans son état d’aise naturel, sans contraintes ni artifices. On le laisse ainsi lucide, sans torpeur ni agitation.
Dans cette absence de conceptions est la présence de l’alaya, du cœur-esprit absolu ; et en celle-ci demeurent naturellement l’ouverture absolue, l’intelligence immédiate absolue et la bonté
absolue. C’est pourquoi « rester en sa nature est l’essence de la voie ».
Il est important de bien voir qu’il y a une articulation entre ces différentes stances : d’abord un désinvestissement par rapport aux objets extérieurs – au lieu d’être réels ils sont comme
rêves – ensuite l’expérience de l’inconsistance de l’observateur qui se dérobe, puis, au-delà de ces notions d’illusion, d’inconsistance, l’expérience d’illusion elle-même, en tant que remède,
se dissout, et alors au-delà de toute conception, l’esprit peut rester relâché, détendu, sans artifices, dans sa nature fondamentale : l’alaya.
Dans le texte vient ensuite un conseil pour une pratique de bodhicitta ultime entre les sessions de méditation, c’est-à-dire constamment.
à suivre...