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b) Entre les sessions assises
L’idée ici est, entre les sessions de méditation, d’apprendre à garder l’expérience découverte durant la session. Il s’agit de découvrir une continuité d’expérience qui aille dans le sens de l’intégration de l’expérience méditative hors des sessions... et petit à petit même d’une dissolution de la limite entre méditation et après méditation.
Dans ces périodes d’après méditation, d’« entre-sessions », nous gardons l’expérience de bodhicitta ultime et nous nous aidons à cela en considérant tout comme « êtres d’illusion ». Nos
expériences restent conformes à notre vécu habituel, mais nous reconnaissons en elles la qualité de l’illusion : elles sont donc libres de la fixation qui nous les fait habituellement
appréhender comme étant réelles et solides.
Il y a toujours acuité et discernement, mais sans cette fixation. C’est comme si ce que nous percevions était extérieurement semblable à un rêve reconnu comme tel.
Cette stance est aussi traduite certaines fois par : « Entre les sessions tout est considéré comme fantôme. » Entre les sessions de méditation, tout est considéré, tout est contemplé comme
fantôme. Il ne faut pas se méprendre. Nous n’entrons pas dans un monde animiste peuplé d’esprits. La notion de fantôme ici est celle d’êtres transparents.
Le fantôme a un corps transparent et si nous essayons de l’attraper, il disparaît entre nos mains. Si nous lui jetons un projectile, son corps ne l’arrête pas : il n’est pas heurté. Le fantôme n’est pas atteint par les coups et son corps n’offre pas de résistance : il n’y a rien qui le heurte ni qui ne l’emporte car tout passe au travers.
C’est cette absence de résistance, cette perméabilité à laquelle nous ramènent ces instants de bodhicitta ultime dans la vie quotidienne, n’importe quand.
à suivre...