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Samedi 10 mai 2008 6 10 /05 /2008 06:00
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Hommage à l'immense Compassion

La pratique principale : cultiver bodhicitta

Bodhicitta relative, questions-réponses (de 5 à 9) :

(N.d. webmaster : cette partie comprend 28 questions. Elle est découpé en six parties)

IV – BODHICITTA RELATIVE

Questions/réponses

5— Est-ce que par la pratique de tonglèn on ne devient pas esclave des autres ?

Dans l’ouverture qu’amène la pratique de tonglèn, il y a une capacité à répondre aux situations de façon juste et pertinente.

Découvrir que nous pouvons accepter et donner est source, foncièrement, d’une liberté. Ce n’est pas pour cela que nous allons devenir une poire sucée par toutes sortes de vers...

Néanmoins il est important d’en accepter la possibilité. Il y a dans cette pratique quelque chose d’essentiel qui est l’acceptation de la perte.

Cette acceptation totale amène une expérience dans laquelle la fixation du moi s’estompe et finit par disparaître.

Dans cette acceptation fondamentale qu’amène tonglèn, il y a au-dessus de la peur de la perte, dans la compassion véritable, aussi une intelligence.

6— Je ne suis pas particulièrement touché par la méditation à partir de la mère ? Que puis-je faire ?

Le propos de cette pratique est de découvrir une capacité à être touché.

Il y a des élaborations pour y arriver mais l’important est de suivre son intelligence et sa sensibilité pour finalement, en fonction de sa constitution propre, trouver le point, la situation en laquelle nous sommes vraiment touché, réceptif.

C’est de cette expérience que vient la possibilité de l’échange et qu’ensuite nous pouvons l’appliquer à l’alternance du souffle.


A un moment donné, il est important de sortir de notre attitude habituelle en laquelle nous nous voulons invulnérable. Devenir vulnérable c’est faire l’apprentissage de la tortue qui sort de sa carapace.

Nous sommes des tortues, avec notre carapace, et il nous est proposé à un moment d’être une tortue toute nue qui accepte de s’exposer... ce qui nous permet de découvrir aussi une sensibilité au-delà de nos blindages.

7— Dans la vie de tous les jours, je ne vois guère ce que je peux donner ?

L’important est d’avoir une attitude fondamentalement généreuse, une attitude d’absence de retenue, d’absence d’appropriation.

Si nous abordons la situation avec cet état d’esprit, nous sommes disposé à donner, à faire tout ce qui est possible et en fonction de la situation nous trouverons... peut-être que ce sera juste un sourire, un mot.

La façon d’exprimer ce don au niveau concret n’est pas toujours facile mais l’attitude et l’esprit de générosité sont le point de départ de toute situation de don. Et même si nous ne pouvons pas concrètement, véritablement apporter quelque chose, nous pouvons toujours aider en faisant une dédicace, des souhaits, une prière.

Lorsque le don concret n’est pas possible, un don intérieur et spirituel est toujours possible et il est même extrêmement important.

L’essentiel est d’abord de rentrer dans l’état d’esprit de la générosité. En toutes circonstances, c’est en ayant l’état d’esprit approprié que nous entrons dans une situation. Pour faire fortune, il faut déjà avoir l’état d’esprit d’un millionnaire.

8— Je ne comprends pas bien l’expression « prendre sur soi ».

Il faut bien distinguer « prendre sur soi » et « prendre en soi ». Il s’agit de prendre en soi et de ne pas prendre sur soi.

Prendre sur soi signifie prendre sur son ego et, à ce moment-là, il se durcit pour supporter le coup. Prendre en soi signifie accepter et se laisser pénétrer jusqu’à incorporer au plus profond de notre cœur.

On découvre alors qu’il y a en soi, dans la situation, dans l’expérience, des ressources, une intelligence, une possibilité d’ouverture, une possibilité de communication, d’échange juste, de compassion et quelque chose peut être exprimé, donné.

C’est ainsi que face aux trois poisons peuvent se développer trois sources de vertu ou, si vous voulez, que les trois poisons sont transmutés. C’est un des principes de l’alchimie de la vie.

9— Pouvez-vous préciser la différence entre résignation, indifférence et acceptation ?

Ce qui est désagréable nous pouvons le refouler en nous obligeant à accepter, ou bien nous pouvons être indifférent, dans une sorte de cocon ou de carapace.

Ces deux attitudes, qui sont deux formes de refus, sont complètement différentes de l’acceptation.

Accepter, c’est voir que les choses sont comme elles sont. C’est voir que ce qui est comme c’est. C’est voir que ce n’est peut-être pas comme nous aurions imaginé ou comme nous aurions voulu que ce soit mais que c’est comme c’est.

à suivre...

Par Yéché Djangsem - Publié dans : Maximes Lodjong
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