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(N.d. webmaster : cette partie comprend 28 questions. Elle est découpé en six parties)
On peut tout faire de travers. Nous le verrons par la suite : une bonne pratique peut être déviée, pervertie. Un médicament mal pris peut devenir un poison. « Gains et victoires pour les autres, pertes et blâmes pour moi. »
Nous pouvons prendre cela comme « prendre sur soi » plutôt que « d’accepter en soi ».
La pratique peut alors devenir assez doloriste ou « mortifère » : « Que je sois écrasé par toute la misère du monde. »
Tout ça peut devenir très violent. Il y a aussi une façon de pervertir l’échange de moi et d’autre, du moi pour l’autre en se niant. « Je ne suis rien. » Ou : « Je ne fais rien. » « Je suis d’ailleurs la plus infime créature qui ne fait que passer. » « De tous les petits, je suis le plus minuscule, de tout ce qu’il peut y avoir de petit dans l’univers, c’est moi qui suis le plus petit. »
De différentes façons, il y a des possibilités de déviations. Donc il est important de rester vigilant, de bien entendre l’enseignement et de le pratiquer avec un suivi.
Pas particulièrement. Supposez que vous soyez face à un monstre d’égoïsme – soit dit en passant, l’expression est parlante – il convient d’abord d’accepter sa monstruosité, avec tout ce que celle-ci peut avoir de choquant, de pénible, de difficile.
C’est si nous ne l’acceptons pas que nous sommes bloqué, sur la défensive et qu’il n’y a même pas de relation. Dans cette acceptation il est ensuite possible de travailler avec la situation et de répondre d’une façon pertinente.
Il y a une démarche téméraire : « Puisse la souffrance des autres mûrir en moi... » puis au dernier moment : « Qu’est-ce que je vais faire si ça se passe vraiment ? »
Le point essentiel est de vaincre, de dépasser, de dissoudre notre appréhension. Il ne s’agit pas de faire une montagne de souffrances et, au moment où celle-ci va nous écraser, de la dissoudre mais de dépasser les résistances, l’appréhension.
Le point est de développer un état de non-résistance. « Non-résistance » est synonyme de « transparence ». En étant complètement transparent, c’est-à-dire finalement en n’offrant aucune résistance, nous découvrons l’état dans lequel ce n’est pas la souffrance qui s’estompe ou qui se dissout mais où c’est nous qui nous dissolvons devant elle.
A ce moment-là il y a une acceptation véritable... et il y a une dissolution véritable aussi.
Je crois qu’il n’y a rien qui vous prouve particulièrement que vous acceptiez vraiment, que ce soit d’ailleurs dans la vie quotidienne ou dans la méditation, mais le point important est peut-être déjà d’arrêter de refuser.
Il est important de ne pas en faire trop, au sens d’accepter : « Dorénavant, j’accepte, et vous voyez, je veux être sûr de l’accepter... J’aurais d’ailleurs besoin de garanties et d’assurances que j’accepte. » Mais la pratique vous demande d’accepter aussi la possibilité de l’incertitude de votre acceptation.
Accepter, ici, signifie arrêter de refuser, de bloquer, de chasser, et laisser être, laisser venir. La pratique se développant, notre compréhension s’affine petit à petit.
La pratique de la méditation, dans ce qu’elle a d’essentiel, est fondée sur la simplicité.
En fait, la pratique de la méditation est une forme de simplification essentielle qui nous propose d’expérimenter le réel comme il est, simplement, sans surimposer à celui-ci toutes les complications plaquées dessus habituellement.
Il s’agit aussi d’accepter et de donner simplement.
De la même manière, lorsque nous suivons une méthode de méditation, il est important de le faire simplement.
Souvent nous voulons améliorer la méthode et nous rajoutons toutes sortes de choses, nous élaborons, nous découvrons nos petites méthodes, nos petits trucs « persos ».
L’amélioration a tendance à se développer dans le sens de l’élaboration et de la complication et le mieux devient l’ennemi du bien : nous perdons la simplicité et le caractère essentiel de la pratique.
à suivre...
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