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(N.d. webmaster : cette partie comprend 28 questions. Elle est découpé en six parties)
Les histoires de vampires sont de bonnes histoires.
C’est effectivement difficile pour un vampire de donner son sang. Le vampire, c’est l’ego. Il a de longues dents, des dents de jeune loup, et s’il y a une proie, il plante ses crocs dedans et il suce, avidement, goulûment, jusqu’à être repu.
C’est l’appétit égotique.
Nous sommes de petits vampires et nous l’ignorons. La pratique de tonglèn, effectivement, demande au vampire de donner son sang, de s’ouvrir, d’abandonner.
Alors il y a des blocages, il y a des résistances.
Ce qui est très important, c’est de pouvoir dépasser le blocage, dépasser la résistance et, une fois que le pas a été fait, la situation n’est pas du tout celle que nous redoutions : nous découvrons qu’il est possible de donner, que nous avons des réserves et que nous pouvons travailler avec la situation d’une façon intelligente.
Une partie du travail est l’acceptation de nos côtés obscurs, cependant il ne s’agit pas d’avoir une relation uniquement avec ses zones d’ombre mais aussi avec nos côtés lumineux.
C’est le don.
Il s’agit de reconnaître en soi la présence d’un état fondamentalement sain, positif, au-delà de la confusion dans laquelle nous pouvons nous sentir empêtré. Et nous acceptons cette situation, ce qui amène intérieurement un état de réconciliation, de paix intérieure.
C’est une pratique qui doit être bien comprise et dans laquelle, effectivement, on peut faire des contresens.
Nous pourrions par exemple développer une attitude stoïque, passive, à la limite presque doloriste. « Plus j’en prends, mieux c’est. » « Plus ça fait mal, meilleur c’est. »
Ce n’est pas du tout cela.
Un autre contresens serait effectivement d’accepter en étant complaisant.
L’acceptation dont il s’agit dans un cas comme dans l’autre est le point de départ du travail. En acceptant, nous voyons la situation comme elle est et cela peut permettre que celle-ci évolue et se transforme.
La complaisance n’amènerait pas l’état d’esprit nécessaire pour faire évoluer la situation.
Tout au long de notre session, il est bien de sentir l’importance qu’il y a à ne ne pas dissocier amour et intelligence.
L’intelligence dont nous parlons n’est pas l’intelligence de l’ego qui raisonne, qui combine, qui essaie de manipuler, mais l’intelligence ouverte, l’espace qui permet d’accueillir l’autre.
Cette intelligence permet le discernement et, dans sa dimension d’ouverture, est fondée sur la transparence qui naît de l’absence de fixation. Cet abandon des fixations permet à la fois de rencontrer l’autre d’une façon pleine et de ne pas être emporté, de ne pas être possédé.
Oui, ce qui ne veut pas dire qu’un bodhisattva est versatile, instable, mais il n’est pas programmé : il aborde les situations sans a priori ; donc, quelle que soit la demande de la situation, il y a une adéquation avec l’énergie de celle-ci qui se fait instantanément.
De ce fait il peut changer : si la situation change, il change. Il a dans son action une grande souplesse, une grande adaptabilité, qui est à la fois une intelligence et aussi une attitude aimante, car quels que soient les besoins de la situation et de l’autre, il peut les rencontrer plus facilement.
à suivre...