Bienvenue
Ce blog ne sera plus mis à jour
Une autre traduction pourrait être : « Ramener tous les blâmes à soi. » Ou : « Ramener toute responsabilité à une seule. »
Il y a, dans cette notion de ne blâmer qu’une seule chose, différents volets.
Le premier est de développer une certaine vision en laquelle, finalement, nous simplifions notre perception et notre compréhension, en comprenant que la racine fondamentale de tous les problèmes peut se ramener à une seule chose : la saisie égoïste.
Une parole célèbre de shantideva dans le Bodhicaryavatara dit :
« Si tous les maux du monde viennent de cette saisie égoïste, que faire de ce grand démon ? »
Dans le Dharma il n’y a fondamentalement qu’un seul démon et ce démon c’est moi.
C’est la saisie égocentrique, égoïste ; c’est l’attitude de l’ego.
Le problème fondamental est celui de l’ignorance, celui de l’illusion ; c’est de ne pas savoir ce que nous sommes... ou d’avoir l’impression d’être quelque chose que nous ne sommes pas.
C’est le problème de l’ego qui est la source de la dualité, la source des passions.
Il est extrêmement pertinent d’analyser notre situation personnelle ou les situations auxquelles nous sommes confrontés, et même les situations économiques et politiques, en terme d’ego, de luttes et d’interférence entre egos.
Dans tous les cas, chacun défend ses intérêts dans une attitude dominée par des prérogatives égocentrées.
Cette maxime propose une lecture de l’environnement, de son fonctionnement et de ses difficultés, dans cette perspective du jeu de l’ego. Cela amène une vision intelligente de l’origine des problèmes et propose en même temps un moyen de travailler avec.
C’est d’autant plus important qu’habituellement nous ne sommes jamais le responsable, nous attribuons toujours la faute ou la responsabilité à quelque chose d’autre ou à quelqu’un d’autre : nous avons besoin d’un coupable, d’un responsable.
Renvoyer la responsabilité ailleurs, à l’extérieur, entraîne une situation permanente de lutte et de conflits.
L’aptitude à traiter une situation et à la transformer passe par la transformation de notre propre attitude, c’est-à-dire par la transformation de notre perception égocentré de la situation.
Un point important ici est de se sentir, quel que soit le problème, personnellement impliqué, personnellement concerné, responsable et d’être capable d’une remise en question.
Il s’agit de considérer sa responsabilité, son implication, avant de blâmer l’autre, avant de renvoyer le tort, le problème de l’autre côté.
Nous avons vu aussi que nos expériences étaient semblables à un rêve, à une projection. Une image très souvent utilisée dit que le monde est un miroir où se reflète notre propre face.
Les saletés, les négativités, et aussi les qualités, sont en fait le reflet de notre attitude intérieure, de notre propre esprit. En ce sens, c’est la façon dont nous percevons les choses qui nous les fait vivre en termes positifs ou négatifs.
En transformant notre attitude intérieure nous transformons notre vision du monde, notre relation à celui-ci et il devient possible d’opérer une transformation profonde.
Par contre, si nous essayons de transformer d’emblée une situation extérieure sans même avoir transformé notre disposition intérieure, nous ne faisons que transposer et investir sa propre problématique passionnelle et égotique dans toutes les situations.
Le monde que nous construisons est à l’image de notre esprit et si notre esprit est imprégné de passions et fonctionne en mode égotique, nous construisons perpétuellement un monde passionnel et confus.
C’est en apprenant, dans la pratique de tonglèn, à dépasser notre attitude égotique que nous changeons, d’une certaine façon, petit à petit, les autres et le monde.
à suivre...