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Sois reconnaissant envers tout.
C’est une maxime extrêmement importante qui nous suggère que les problèmes ne sont pas à rejeter mais, au contraire, peuvent être une voie d’éveil.
Nous avons tendance à fuir les problèmes, à les exclure et à être irrité lorsque nous y sommes confronté.
L’approche de Lodjong est radicalement différente : les problèmes sont les bienvenus ! Tout ce qui nous arrive, tout ce qui se passe est accueilli avec reconnaissance, avec bienveillance. A partir du moment où nous avons appris à utiliser l’adversité comme rappel, tout ce qui se présente est un enseignant, tout ce qui se présente est un rappel, tout ce qui se présente est une occasion de pratique.
Nous pouvons accepter et même apprécier toute situation. L’idée est qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise situation en soi mais qu’il n’y a que des bonnes ou des mauvaises attitudes.
Pour pouvoir pratiquer tonglèn, nous avons besoin de matière première, de situations et finalement aussi de difficultés. Nous pouvons même dire que s’il n’y avait pas de problèmes, il n’y aurait pas de pratique. Si nous n’étions pas confrontés à des difficultés, nous n’aurions pas l’occasion de pratiquer.
Quelle que soit la situation, nous pouvons être reconnaissant aussi bien vis-à-vis des difficultés que des personnes qui les amènent. Ne les considérons pas comme des obstacles, mais soyons reconnaissant car elles nous offrent l’opportunité de pratiquer tonglèn et de développer bodhicitta.
Cette approche est particulièrement pertinente lorsque nous vivons dans le monde avec les difficultés et les problèmes quotidiens, car la vie avec ses problèmes devient le support de la pratique.
Il y a à ce sujet une anecdote dans la vie d’Atisha. Il était invité au Tibet et il avait entendu dire que les Tibétains étaient des gens affables, aimables, gentils ; aussi Atisha, qui était un grand pratiquant de tonglèn, se dit qu’il lui faudrait peut-être emmener avec lui la possibilité de pratiquer, et comme il avait un serviteur bengali qui avait fort mauvais caractère, il décida de l’emmener avec lui pour avoir en sa personne un support de pratique.
Ce qu’il y a d’amusant dans l’histoire, c’est qu’après coup il déclara que, finalement, il y avait au Tibet suffisamment de supports.
Cette approche permet de dépasser l’attitude dualiste selon laquelle il y aurait d’un côté la pratique et de l’autre côté la vie. Elle propose exactement le contraire d’une attitude qui consisterait à fuir la vie pour pratiquer.
La pratique et la vie ne sont qu’un et la vie avec ses problèmes constitue la matière première de la pratique. C’est ainsi que se développe l’indissociabilité du quotidien et de la pratique.
à suivre...