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Dimanche 25 mai 2008 7 25 /05 /2008 06:30
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Hommage à l'immense Compassion

La présentation de l’entraînement regroupé pour la pratique de toute une vie.

Au moment de la mort : 

 

18 - L’instruction de powa du mahâyana
Est aussi les cinq forces avec une posture.

 

VI – INTÉGRER DANS L’ENTRAÎNEMENT TOUTE LA PRATIQUE D’UNE VIE

Les cinq forces au moment de la mort

« Au moment de la mort : le powa du mahayana est aussi les cinq forces. »


Par powa on entend la pratique qui permet l’éjection ou le transfert de la conscience au moment de la mort.

D’une façon générale, une attitude de réconciliation avec la mort est très importante.

Nous vivons d’ordinaire la mort en termes de défaite : on est aux mains de médecins qui luttent et pour qui la mort est un ennemi.

La perspective du Dharma envisage la mort plutôt comme une transition, un passage qui nous ouvre à de nouvelles possibilités.

La méditation sur la mort est, dans une prise de conscience, le moyen de se réconcilier avec la mort, de dépasser le déni de celle-ci et de développer avec elle une certaine amitié.

La mort est à ce moment-là une transition à laquelle nous nous sommes préparé, pour laquelle nous sommes prêt, une sorte de passage envisagé comme l’ouverture vers de nouvelles perspectives.

Bien vivre la mort s’appuie aussi sur cinq forces.


La première des cinq forces est celle des graines de vertu.

L’important est d’avoir une attitude profonde et véritable de non-attachement.

Dans cette perspective, nous donnons nos possessions dans la direction que nous pensons être la plus juste et la plus utile.

Les graines de vertus et le don nous libèrent de nos attaches et amènent une grande liberté : nous ne restons pas accroché, nous ne restons pas dans une attitude de possession, de possessivité.

C’est la force des semailles positives du moment de la mort.


La deuxième force est celle de l’aspiration. Ce peut être certaine pratique, certain souhait, ou l’aspiration à, dans toutes nos vies à venir et dans le bardo, rester toujours en contact avec bodhicitta et ses enseignements et à retrouver la possibilité de les pratiquer.

Nous développons en nous profondément cette aspiration et nous
faisons ce souhait du plus profond de nous-même.

Si nous savons le faire, nous pouvons faire le service aux sept branches, sinon, nous pouvons nous dire :

« Par tout ce que j’ai fait de positif dans les trois temps, en toutes mes naissances, puissè-je ne jamais oublier le cœur-esprit éveillé, le pratiquer et le développer. Puissè-je rencontrer un ami spirituel qui expose cet enseignement. Que le lama et les précieux joyaux accordent leur inspiration, qu’il en soit ainsi. »

Nous souhaitons cela ardemment, tout absorbé en cette expérience.


La troisième force est celle du reproche, du détachement.

Nous prenons conscience que, si aujourd’hui nous sommes malade, si aujourd’hui nous mourons une fois de plus dans le cycle des existences conditionnées, dans le cycle du samsara, c’est sur la base du moi, sur la base de l’ego et à partir de ce reproche, il y a un geste d’abandon.

Nous nous disons :

« Fixation égoïste, depuis d’innombrables vies tu m’entraînes dans tes souffrances, aujourd’hui encore tu me fais expérimenter les peines de la mort. De toi je me détache, je t’abandonne, j’abandonne. »


La quatrième force est celle de la motivation.

La motivation est de se dire :

« Puissè-je, au moment de la mort, dans le bardo et en toute existence, ne jamais être séparé du double aspect du précieux cœur-esprit éveillé. »

La motivation recoupe un peu le souhait, mais néanmoins, elle est plus une impulsion de base.


Cinquièmement, il y a la force de la familiarisation.

C’est s’être imprégné de bodhicitta durant sa vie et pouvoir la vivre constamment, et ce particulièrement au moment de mourir.

C’est entrer dans l’expérience que nous avons eue auparavant du cœur-esprit éveillé.

La posture a une importance

Il y a un lien étroit entre le corps et l’esprit et, dans la pratique, une importance est accordée à la posture physique.

Djamgœun Kontrul, dans son commentaire, dit d’être en position de méditation, ou si nous ne le pouvons pas, dans la position du parinirvana du Bouddha.

Il explique qu’il y a des qualités à se mettre sur le flanc droit, la main droite sous la joue et, autant se peut, en respirant par la narine gauche ; ce qui amène une qualité d’esprit plus dégagée, plus libre.

Dans cette position, nous méditons d’abord sur la compassion, nous pratiquons tonglèn.

Ensuite nous méditons sur bodhicitta absolue ; nous reconnaissons que toute expérience est production de l’esprit et que l’esprit, fondamentalement, en sa nature, est claire lumière, dépourvu de tout soi.

Nous entrons dans la compréhension de ce que toutes les expériences du samsara, du nirvana, de naissance, de mort... sont esprit.

Dans cette intelligence nous restons sans aucune fixation, sans aucun attachement, en laissant la respiration continuer puis disparaître...

Cette pratique de powa, du départ de la conscience, est foncièrement simple ; elle peut être appliquée par chacun et elle est extrêmement profonde.

Kontrul Rinpoché termine le passage de son commentaire en disant que, parmi les nombreuses instructions sur la mort, celle-ci a, dans sa simplicité et dans sa profondeur, une qualité qui est tout à fait remarquable.

Il rajoute :

« Des nombreux enseignements très renommés pour le moment de la mort, de tous ceux-ci celui-ci est merveilleux. »

à suivre...

Par Yéché Djangsem - Publié dans : Maximes Lodjong
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