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Samedi 24 mai 2008 6 24 /05 /2008 06:30
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Hommage à l'immense Compassion

La présentation de l’entraînement regroupé pour la pratique de toute une vie.

Pendant la vie :  

 

17 - Le condensé des instructions orales
Consiste en l’application de cinq forces.

 

VI – INTÉGRER DANS L’ENTRAÎNEMENT TOUTE LA PRATIQUE D’UNE VIE

C’est, d’une façon très succincte et très essentielle, l’entraînement pour bien vivre et bien mourir.

Toute la pratique, de la vie jusqu’à la mort, peut être intégrée dans l’Entraînement de l’esprit.


La pratique d’une vie : les cinq forces


Le texte dit :

« Durant la vie : L’essence abrégée des instructions est l’application des cinq forces. »

Ces cinq forces n’ont pas de rapport précis avec celles dont nous avons déjà discuté précédemment.


Le cœur de tout apprentissage, de toute discipline, est l’entraînement, mais un entraînement intensif ne peut se faire sans une motivation forte et résolue.

La motivation et l’entraînement sont respectivement les première et deuxième forces.

Cet entraînement intensif prend la forme des troisième et quatrième forces : les semences positives et l’abnégation, le renoncement.

Ces deux dernières forces consistent à développer ce qui est positif et à renoncer à ce qui est négatif.

C’est du travail de jardinage en quelque sorte. Nous arrosons les bonnes plantes, nous leur mettons de l’engrais, nous les taillons et nous enlevons les mauvaises herbes.

La dernière force est dite de l’aspiration.

Nous allons reprendre le texte du commentaire de Djamgœun Kontrul. Ce qu’il disait il y a cent ans est tout à fait pertinent de nos jours.

Je crois qu’il est important de garder la concision du texte original parce qu’elle véhicule l’essentiel.

Tout d’abord il s’agit d’être motivé, d’avoir une détermination indéfectible à pratiquer bodhicitta.

« Puissè-je à partir de maintenant jusqu’à l’éveil me consacrer pleinement à bodhicitta. »

Par une formule, nous ravivons cette détermination quotidiennement pour la porter en nous autant que nous le pouvons, chaque jour et à chaque instant.

Cette détermination est fondée sur la joie, le plaisir que nous avons à faire quelque chose que nous comprenons, que nous sentons comme étant vraiment positif.

De la même manière que nous aimons être avec des gens que nous estimons, nous avons plaisir à faire une pratique que nous apprécions.

C’est en nous rendant compte de la portée, de la valeur, de la nécessité de cultiver bodhicitta que naît une intention, une détermination profonde à vivre intensément cette pratique. Djamgœun Kontrul nous dit :

« A partir de maintenant et jusqu’au parfait éveil du cœur et de l’esprit, l’état de Bouddha, et plus particulièrement jusqu’à ce que je meure, plus spécifiquement encore, cette année, ce mois, et encore plus : de maintenant jusqu’à demain, je ne quitterai jamais le double aspect du cœur-esprit éveillé. »

C’est la motivation. Et on peut rajouter : à vivre intensément.


La deuxième force est celle de l’entraînement ou de la « familiarisation ».

Certaines fois on parle aussi de « s’habituer à l’expérience ».

L’intention seule ne suffit pas, elle doit s’inscrire dans nos faits et gestes par la force de l’entraînement, de la familiarisation avec la pratique.

Sur la base de notre motivation, l’attention et la vigilance nous permettent d’appliquer de façon répétitive les instructions au quotidien.

Il s’agit d’entrer dans la pratique de bodhicitta, en s’habituant à celle-ci : par la méditation, en pratiquant tonglèn, en la développant dans ses aspects relatifs et ultimes.

Il s’agit que l’entraînement de l’esprit devienne naturel et qu’il ne reste pas une pratique particulière.

Le point important est de se sentir chez soi dans la pratique du Dharma, de s’y sentir à l’aise : peu à peu, elle constitue notre monde, notre environnement, notre façon d’être.

C’est la familiarisation.

« En toute activité, quoi que nous fassions de positif, de négatif ou d’indifférent, il s’agit d’avoir l’attention qui consiste à ne pas abandonner les deux aspects du cœur-esprit éveillé et de s’y entraîner répétitivement. »



La troisième force est dite « des graines blanches », ou des graines de vertus.

L’idée est de semer des facteurs positifs. Il s’agit d’agir de façon juste et par là même de semer des tendances saines, ce autant que nous le pouvons, en étant vigilant, constant, et avec une énergie indéfectible, insatiable.

« Il s’agit, avec le corps, la parole et l’esprit, de constamment faire des efforts insatiables en la vertu. »

C’est ainsi que nous faisons naître et se développer le cœur-esprit éveillé.

C’est en ensemençant ainsi notre vie de ces graines que celles-ci germent et croissent.


La quatrième force est la force de la dénégation, ou du reproche.

A qui allons-nous faire des reproches ? La seule chose à laquelle nous puissions en faire est la fixation égotique, la tendance égoïste. Le commentaire de Djamgœun Kontrul Rinpoché dit :

« Toi, ego, qui depuis des temps sans commencement me traînes dans toutes les misères du samsara, je me défais de toi, je vais t’abandonner, te laisser tomber. Si je m’associe avec toi, il n’y a pas de bonheur, c’est pourquoi je t’abandonne, je te délaisse. »

C’est le détachement. C’est se détacher de soi, du petit moi égotique, égoïste. On pourrait d’ailleurs parler de la force du détachement. C’est renoncer à soi.

Cette abnégation n’est pas du tout une attitude agressive, de rejet, mais une aptitude à lâcher prise, à abandonner sans donner de suite.


La cinquième force est celle des souhaits ou de l’aspiration.

C’est le souhait ou l’aspiration à arriver à l’éveil pour le bien de tous les êtres.

Nous développons l’aspiration à cheminer vers l’éveil et à être capable de servir tous les êtres de toutes les façons possibles,

« comme nourriture s’ils ont besoin de nourriture, comme serviteur s’ils ont besoin de serviteur, comme chemin s’ils ont besoin de chemin, comme maison... »

C’est s’offrir comme serviteur au service de l’éveil et de l’éveil de tous les êtres.

C’est le souhait de pouvoir guider tous les êtres vers l’éveil. Djamgœun Kontrul nous dit :

« Qu’à partir de maintenant jusqu’à l’éveil nous ne quittions pas le cœur-esprit éveillé, même pendant le rêve, qu’il se développe de plus en plus et que tous les facteurs et conditions adverses qui puissent apparaître soient intégrés comme assistants du cœur-esprit éveillé. »

Nous nous disons cela du fond du cœur et tout ce que notre activité positive, nous la dédions en ce sens.

Si nous voyons la portée limitée de notre aptitude, il ne s’agit pas de nous décourager mais de faire des souhaits.

Nous pouvons par exemple nous dire :

« Même si aujourd’hui mon aptitude est limitée, puissè-je ultérieurement être capable de développer bodhicitta de plus en plus profondément. »

Ces souhaits, faits de façon répétitive, posent en nous les graines d’une aptitude qui croît petit à petit.

Toutes nos aptitudes dépendent de souhaits. Il est une citation célèbre :

« Quoi que nous voulions faire, il est important de rentrer d’abord dans l’esprit de l’objectif que nous nous proposons. »

Pour devenir un grand artiste ou un millionnaire, il est important de le souhaiter.

Ici aussi, il s’agit de faire le souhait de devenir un véritable bodhisattva, de devenir un véritable pratiquant de bodhicitta.

En faisant ce souhait, en s’en imprégnant, nous nous prédisposons à le devenir.

La force des souhaits est quelque chose d’immense et c’est une pratique qu’il est toujours possible de faire, concrètement, chaque fois que notre aptitude à agir est limitée.

à suivre...

Par Yéché Djangsem - Publié dans : Maximes Lodjong
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