VII – L’ÉVALUATION DE L’ENTRAÎNEMENT DE L’ESPRIT
« De deux témoignages retiens le principal. »
Ces deux témoignages sont le témoignage extérieur et le témoignage intérieur : les créances ou justifications extérieures d’une part et l’examen intérieur de notre état d’esprit d’autre
part.
Il ne s’agit pas d’être reconnu comme un bon pratiquant, comme un bon garçon ou une bonne fille, mais de voir si notre esprit, profondément, a changé.
Nous avons très souvent tendance à vouloir être reconnu, à vouloir être apprécié et à faire ce qu’il faut pour.
C’est une recherche de reconnaissance dans le témoignage extérieur : nous avons les attitudes adéquates pour paraître sage.
C’est le mauvais témoignage car il s’appuie sur une façade. Nous pouvons donner, en ayant quelque façade de calme et de gentillesse, l’impression d’être un bon pratiquant, mais il se peut que ce
soit là une couche de vernis qui cache aux personnes nous percevant de l’extérieur une couche de rouille.
Nous pouvons très bien faire illusion et obtenir l’acquiescement de l’environnement, des autres, ou même, ce qui est plus pernicieux, l’acquiescement de l’enseignement... souvent en
l’interprétant.
Aussi, de deux témoignages, celui des autres ou celui de notre propre intelligence qui perçoit notre mode d’être intérieur, c’est le témoignage de l’expérience de notre propre esprit qui est le
plus important.
Car nous pouvons voir, pour autant que nous nous regardions avec honnêteté, ce qui se passe en nous au-delà des bonnes manières que nous pouvons déployer extérieurement.
Le critère étant que notre entraînement sera authentique dans la mesure où nous cessons d’être à nous-mêmes la principale source d’attention, de préoccupation, c’est-à-dire dans la mesure où
notre attitude égocentrée se réduit, voire disparaît.
C’est la légèreté de notre préoccupation de nous-mêmes, de notre attachement à nous-mêmes qui est le critère fondamental.
C’est très différent du sentiment que nous pourrions développer de devenir un grand pratiquant.
« Je suis bon, je suis bien, je fais comme il faut. »
C’est vrai que l’autojustification existe, mais si nous regardons bien, nous verrons de plus en plus clairement les mobiles véritables de nos actions.
Si nous découvrons une attitude compatissante ou bienveillante, il convient de l’encourager, mais nous nous apercevrons le plus souvent, à bien regarder, que nous sommes quelque peu caméléon.
Il s’agit alors d’encourager le côté sain et de décourager l’autre. Nous sommes un petit peu jardinier : nous arrosons et nous essayons de faire se développer le bon côté et nous décourageons les
autres.
C’est ainsi que, petit à petit, peut se faire une transformation effective.
Il est très important de voir qu’une attitude intérieure, une motivation parfaite, juste, n’existe pas au début, aussi procédons-nous par approximation.
à suivre...