Vacuité
Vacuité du sujet
L’examen de la nature de l’esprit conduit à reconnaître la vacuité du sujet
Quand on a pris les vœux de bodhisattva (c'est-à-dire quand on a engendré bodhicitta), on examine la nature de l'esprit. Si l'on suit le mode le plus développé enseigné dans les directives
de méditation et les écritures, on arrive à la conclusion indubitable que toute entité subjective est indéfinissable.
D'une façon succincte, ce qu'on appelle esprit n'est ni oblong, ni sphérique, ni prismatique … Il n'a pas de forme. Ni long ni court, ni fin ni épais, il n'a pas de dimension. Il n'a pas non plus
de couleur, n'étant ni blanc, ni jaune, ni rouge, ni vert, ni bleu, ni noir, ni multicolore …
Comme il ne consiste en rien de tout cela, ni en rien d'autre, il n'est que vacuité. Cette vacuité n'ayant ni dimension, ni centre, ni périphérie, ni aucune caractéristique, n'est pas
définissable. Cependant, si nous en venions à penser que l'esprit est vide — en ce sens qu'il ne serait rien du tout — il nous faudrait reconsidérer cet esprit qui connaît toute chose et qui
produit la variété des pensées, qu'elles soient de désir, d'aversion, de bonheur ou de souffrance, de confiance ou de compassion, etc.
Au moyen d'investigations et d'examens, on arrive à une conclusion indubitable sur la nature de l'esprit, et on médite sur celle-ci.
Vacuité des objets
Tous les objets extérieurs, intérieurs, sont comme apparences vides s’élevant dans l’esprit
L'univers extérieur et les êtres qu'il contient, tout ce qui apparaît en tant que forme, son, goût, contact ou objet de connaissance de l'esprit, s'élève en tant qu'exercice (des
potentialités intrinsèques) de cet esprit qui est vacuité.
En résumé, toute chose est semblable à une illusion, à un rêve, à la lune dans l'eau, à un arc-en-ciel, à une ombre, à un mirage, à une image dans un miroir, à un écho. En dehors de la simple
apparence résultant du libre jeu d'éléments connexes, rien n'existe par soi-même.
La Prajnaparamita est la perfection de la connaissance, l’intelligence de la vacuité
On arrive ainsi à la conclusion certaine de l'absence d'entité dans tout objet de connaissance (dharma).
Reconnaissant la double absence d'entité dans le sujet et dans les objets, on demeure absorbé dans la vérité de la Prajñaparamita, la perfection de la connaissance transcendante, et l'on médite
ainsi.
Compassion
Comprenant que les êtres souffrent par ignorance de leur nature, on développe bodhicitta
Tous les êtres qui ne réalisent pas le sens de ces absences d'entité ont été nos parents, nos proches, nos enfants, ceux qui veillèrent sur nous avec beaucoup d'attachement et ne nous firent
que du bien. Tous, aveuglés par l'ignorance (la non-reconnaissance de la vraie nature de l'esprit) ont cette propension fondamentale de l'esprit qui fait saisir le je là où il n'y en a pas et
appréhender comme entité ce qui n'en est pas une.
A cette tendance fondamentale s'adjoignent toutes les émotions perturbatrices de l'esprit sous l'emprise desquelles les êtres accomplissent d'innombrables actes nuisibles qui les feront errer
sans fin dans le cycle des existences, éprouvant, comme conséquences de leurs actes, la variété des souffrances des six classes d'êtres.
Aucun de ces êtres ne désire la souffrance, et pourtant ils n'accomplissent que les actions négatives qui causent la souffrance. Ils ne désirent que le bonheur, mais sont impuissants à
l'obtenir, ne sachant pas que sa cause est la pratique de la vertu. L'esprit imprégné de ces réflexions, empli de compassion pour les êtres, on développe l'amour et la compassion de la
Bodhicitta.
A suivre...