L'utilisation d'une technique : la respiration
Attention et conscience dégagée se développent avec la respiration comme support
Les qualités d'attention et de conscience dégagée se développent avec la respiration prise comme support de méditation. C'est une technique très simple, qui a l'avantage d'être neutre, sans
implications conceptuelles, et d'être toujours à notre disposition.
Pratiquement, notre attention apprend d'abord à se désinvestir de ses objets de fixation habituels pour s'absorber dans le souffle.
La présence à l’expiration fait la transition entre l’attention habituelle et l’attention pure
C'est la présence à la respiration, et principalement à l'expiration. Elle permet de faire la transition entre l'attention habituelle fixée sur les objets extérieurs ou mentaux et
l'attention pure, sans objet ni fixation qui est concomitante avec la conscience, dégagée. Cette attention pure est abordée à la fin de chaque expiration dans un moment de pause pendant lequel
l'esprit reste posé dans l'expérience d'espace, au repos.
La relation aux pensées
En méditation, on est confronté aux distractions : investissement dans sensations, etc.
Lorsque nous pratiquons la méditation assise, nous sommes confronté à toutes sortes de distractions sensorielles, mentales ou émotionnelles. Les distractions ici ne sont pas l'apparition de
sensations, de pensées ou d'émotions – ce qui est normal – mais le fait de nous y investir, de nous fixer dessus, de vouloir les suivre ou les fuir. En nous y investissant, nous abandonnons
l'état de présence lucide et ouverte de l'attention et de la conscience dégagée. Tiré hors de celui-ci, nous en sommes distrait. Nous sommes alors entraîné par leur flot, leur logique et leur
enchaînement. Cet investissement puis cet enchaînement sont une distraction.
D’abord accepter pensées et émotions ‘telles quelles et sans plus’ : ni suivre ni rejeter
Il faut d'abord accepter pensées et émotions « telles quelles, et sans plus ». Généralement nous avons tendance ou bien à les refuser, les refouler en les jugeant inadéquates, négatives,
comme des choses qui ne devraient pas être là ; ou bien à l'inverse, nous considérons certaines de ces pensées comme étant particulièrement intéressantes, alors sciemment ou inconsciemment, nous
voulons connaître leur suite. C’est alors que nous les suivons et par là même les entretenons.
Nous sommes espace et les pensées sont comme nuages qui s’y condensent et s’y fondent
L'attitude désengagée de l'attention lucide est ici de les reconnaître comme de simples phénomènes mentaux, de simples pensées. Pensées et émotions sont simplement des productions de notre
esprit, qui ne nous possèdent que dans la mesure où nous les possédons. Nous y réagissons proportionnellement à la réalité que nous leur attribuons.
Lorsque nous les prenons pour réelles, nous sommes soit fasciné, séduit et essayons de les suivre, soit irrité et essayons de les expulser. En les reconnaissant ainsi comme de simples pensées,
nous apprenons à les laisser venir, être et passer, sans fixation ni investissement, tout en restant dans l'état de conscience dégagée. Notre esprit pourrait être comparé au ciel, clair, ouvert
et dégagé. Nous sommes l'espace, et les pensées sont comme des nuages qui s'y condensent et s'y dissolvent sans que rien ni personne n'intervienne.
A suivre...