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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 06:00

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Introduction à la vie de bodhisattva

Lama Denis Teundroup

Ce texte a été composé à partir d'extraits d'enseignement donné lors de la S.I.M.E. (Session Intensive de Méditation et d'Etude) "Vivre en bodhisattva", à Karma-Ling, en septembre 1988. Les exercices pratiques de méditation, bien que guidés oralement lors de la S.I.M.E., ne sont pas transcrits : ils ne se font qu'en relation directe avec un guide qualifié, et leur simple lecture serait inutile.


La pratique de tonglèn

Donner et accepter

La pratique de tonglèn permet d'effectuer la transformation pratique de notre attitude intérieure dans l'esprit de bodhicitta. Tong signifie « donner » et lèn signifie « prendre ». Donc, littéralement tonglèn signifie « donner et accepter ». Cette pratique est fondée sur un libre échange au travers de la frontière dualiste que l'on érige habituellement entre soi et l'autre.


La frontière dualiste amène l'inverse de ce à quoi nous aspirons profondément

Cette frontière limite notre territoire égotique. L'ego y règne, s'y défend et s'y protège. D'un côté, à l'intérieur de son territoire, il importe ce qu'il aime et juge bon, et essaye de l'y maintenir. Et, au-delà de ses frontières, il exporte l'indésirable, tout ce qu'il juge mauvais. Ainsi agissons-nous constamment dans nos attitudes d'attraction, de possessivité et d'aversion. C'est notre mode de fonctionnement égotique habituel. L'intention initiale de l'ego est de se satisfaire, mais ses agissements le conduisent à l'insatisfaction. On souhaite le bonheur mais, en luttant pour l'obtenir, on se fabrique les causes de son propre malheur !
Cette lutte est extrême ment inintelligente. D'un point de vue personnel, elle amène l'inverse de ce à quoi nous aspirons profondément. Et, du point de vue des autres, elle crée aussi problèmes et conflits.

Une phrase célèbre d'Atisha dit :

"Toutes les souffrances de ce monde viennent du désir égoïste, toutes les joies et les bonheurs viennent d'une attitude altruiste".

 

Nous trouverons le bonheur en dépassant nos attitudes égocentrées

D'une certaine façon, on ne peut, au départ, s'empêcher d'être égoïste. Aspirons au bonheur, ce qui est une perspective relativement égoïste, mais faisons-le intelligemment, en comprenant que nous trouverons le véritable bonheur en dépassant nos attitudes égocentrées ! C'est ce que nous propose la pratique de tonglèn.

Elle nous apprend à passer encore et encore au travers de cette frontière, jusqu'à dissoudre la barrière dualiste, ce mur que nous érigeons entre nous et l'autre, et nous permet de développer une relation de plus en plus transparente.

Apprendre à accepter l'inacceptable et à donner ce qu’on ne voudrait pas donner

C'est une pratique exigeante car elle prend notre ego à rebrousse-poil en lui apprenant à accepter l'inacceptable et à donner ce qu'il ne voudrait pas donner. Elle nous demande d'accepter d'être exposés à l'irritation, à l'indésirable, d'accepter ce à quoi habituellement nous dirions "non". Accepter signifie aussi bien accepter extérieurement l'irritation et l'indésirable du monde qui nous entoure, qu'accepter intérieurement les côtés obscurs de nous-mêmes que nous n'avons pas envie de reconnaître. Il faut accueillir le côté pénible de la situation, plutôt que le refuser et lutter contre celui-ci. Ce peut-être l'irritation qui vient de voisins bruyants, d'une parole provocante, ce peut être aussi nos blocages, nos émotions. Au lieu de résoudre le problème, le refus l'entretient et, souvent crée un crescendo de réactions en chaîne. Par contre, si l'on commence par accepter, sans réagir à priori, impulsivement, on introduit dans la situation une pause. Elle est un espace qui permet de mieux la sentir. C'est à partir de cette perception qu'il devient possible d'y répondre plus justement.

Une acceptation inconditionnelle qui n’a rien à voir avec le dolorisme

Cette acceptation doit être bien comprise car elle est fondamentalement différente d'une attitude complaisante qui croirait bon de rechercher la souffrance. La pratique de tonglèn n'a absolument rien à voir avec le dolorisme. Accepter signifie abandonner la lutte, le refus, mais ce n'est pas la volonté de prendre, de capter ou de s'approprier : en acceptant, on se laisse ainsi pénétrer par la situation à priori inacceptable ou non désirée. L'inacceptable nous pénètre jusqu'au plus profond de nous-mêmes. C'est une acceptation sans réserve : ce n'est pas un "oui, mais ...", "oui, jusqu'à un certain niveau..." C'est un oui inconditionnel, une ouverture totale. On est complètement exposé, transparent, et l'on abandonne la lutte et le rejet. C'est le premier mouvement de la pratique : accepter.


A suivre...
Par Yéché Djangsem - Publié dans : Les revues dharma
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