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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /2009 06:00

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Le bouddhisme, une voie de libération

Lama Denis Teundroup

(Ce texte a été préparé d'après un enseignement donné par Lama Denys Teundroup au Sangha Loka de Lyon, le 15 septembre 1989.)


La dicipline interieure : La méditation

Une relation juste à  nos expériences 

Dans le contexte du dharma,  le terme "méditation" ne signifie pas "réflexion" ou "cogitation", mais renvoie à l'ensemble de tous les exercices spirituels qui permettent de travailler avec l'esprit et ses manifestations, ainsi qu'avec toutes les situations de notre vie quotidienne. La pratique de la méditation est, fondamentalement, l'apprentissage d'une relation juste à toutes nos expériences intérieures : pensées et émotions, et extérieures : en relation avec notre environnement, qu'il soit familial, professionnel ou autre.

Défaire les conditionnements et perceptions illusoires

Notre esprit, dans son mode d'être essentiel, est bouddha. Le cheminement spirituel consiste à défaire petit à petit les conditionnements, les formes de perception illusoire, et à atteindre l'expérience initiale, inconditionnée.

L'apprentissage : samatha-vipasyana

On commence généralement la méditation par la pratique de samatha-vipasyana (tibétain : chiné-lhagtong, qui s'écrit : gzhi gnas lhag mthong). Chiné  signifie : "rester tranquille" et lhagtong : "voir clairement".

Dans un premier temps, on apprend au mental discursif et conceptuel à moins s'investir dans ses productions et, progressivement, à rester tranquille ; c'est samatha. Dans un deuxième temps, on découvre dans cet état de tranquillité de l'esprit la possibilité d'une vision beaucoup plus claire, précise et dégagée, c'est vipasyana.

Illusion et dualité

La pratique de la méditation nous apprend à dépasser nos fixations. Habituellement, nous nous fixons sur toutes nos expériences et entretenons avec elles une relation qui finit par se développer en toutes sortes de conflits et de luttes, que ce soit par désir, aversion ou indifférence. Ces fixations viennent de ce que nous attribuons à nos expériences une réalité qu'elles n'ont pas ; celles-ci ne sont, en fait, que les représentations de notre esprit, nos propres projections, tout comme lorsque nous rêvons. Dans l'état de rêve, une partie de notre esprit se vit lui-même comme sujet, qui perçoit une autre partie de lui-même comme objet d'un monde onirique. L'illusion vient de ce que nous perdons trace du fait que tout ce que nous expérimentons alors, sujet comme objet, est fabrication, projection de notre esprit. C'est un exemple d'illusion qui nous montre comment l'esprit, dans l'illusion, donne naissance à la dualité du sujet-observateur et des objets observés.

Le film de nos projections

Pris dans cette illusion, le sujet se fixe sur les apparences qu'il perçoit comme extérieures à lui. Lorsque nous rêvons, nous vivons les apparences de notre monde onirique comme quelque chose de tout-à-fait réel au point d'y être complètement assujettis : si le rêve est agréable, nous sommes séduits et fascinés, s'il est désagréable, nous sommes pétrifiés et avons peur. Le côté aussi bien fascinant que cauchemardesque du rêve vient de ce que nous nous fixons sur des apparences que l'esprit perçoit illusoirement comme autres que lui-même. Le conditionnement du rêve, comme de nos projections, d'une façon générale, vient de l'illusionnement. En effet, si nous réalisions au moment où nous rêvons que le monde plaisant ou déplaisant que nous percevons est purement et simplement un rêve, nous ne partirions ni dans la fascination, ni dans le cauchemar. Ce serait alors comme lorsqu'on regarde un spectacle en se disant: "C'est du cinéma!" C'est d'une façon similaire que nous fonctionnons à l'état de veille, sans nous en rendre compte. Nous sommes continuellement pris dans le film de nos projections, produites et conditionnées par les tendances latentes de notre esprit.

Le soufle : support de méditation

Pratiquement, la méditation de samatha-vipasyana  utilise comme support la relation au souffle : nous apprenons à poser notre attention dans l'expiration, ce qui permet d'abord qu'elle ne s'investisse pas, comme à l'ordinaire, dans les pensées et les émotions.

Déconditionner notre esprit

Puis, elle nous apprend à reconnaître la nature illusoire de nos projections et, dans un premier temps, à réaliser que nos pensées et nos émotions sont de simples phénomènes de notre mental. C'est en les reconnaissant comme telles, tout comme on reconnaît l'irréalité d'un rêve, que nous nous en désinvestissons et que nous déconditionnons petit à petit notre esprit.

L'attention et la conscience dégagée

Globalement, la pratique de la méditation cultive deux qualités : l'attention et la conscience dégagée ; la première est une vigilance précise, dans le présent, la seconde, un état d'esprit dégagé, c'est-à-dire désengagé, libre de fixation. Conjointement, ces qualités d'attention et de conscience dégagée nous apprennent à faire l'expérience précise et ouverte du présent. Elles nous permettent d'agir dans les situations quotidiennes, de façon juste et efficace.

La méditation dans l'action

La pratique de la méditation n'est pas du tout contradictoire avec l'action ; au contraire, bien assimilée, elle est le lieu de l'action la plus harmonieuse et la plus efficace qui puisse être.


A suivre...
Par Yéché Djangsem - Publié dans : Les revues dharma
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