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« Il n’y a aucun bouddha du passé, du présent et du futur, qui soit arrivé, qui arrive ou qui puisse arriver à l’éveil sans un guide spirituel ».
La pratique de la méditation consiste à s'alléger petit à petit, c'est-à-dire à voir à travers le filtre de son mental et de ses projections. Il y a souvent tout un discours sur : non-ego, ne pas être, être rien, qui est source de doutes et de confusion.
Qu'est-ce qui dit : "je ne suis rien ?" "Je ne suis rien", c'est le nihilisme. "Je suis, je suis moi", c'est peut-être une affirmation que l'on appelle éternaliste, mais "je ne suis rien" est encore plus illusoire, parce qu'il y a toujours "je", avec : "rien".
Avant de vouloir dépasser l'ego, il est très important d'avoir un bon ego, un ego bien structuré, un ego qui sache bien fonctionner.
Il ne s'agit nullement de lutter avec soi : celui qui lutte avec l'ego pour essayer de maîtriser l'ego lutte avec son ombre, et personne n'a jamais réussi à avoir raison de son ombre. Plus vous vous agitez, plus ça s'agite en face.
Le seul remède est une dissolution de soi, l'acquisition d'une transparence, et c'est cette transparence à laquelle nous introduit petit à petit la méditation, transparence de soi, transparence des projections, transparence de ce mécanisme dualiste dans lequel nous fonctionnons habituellement.
La méditation consiste en un long apprentissage en lequel petit à petit s'opère cette dissolution de nos illusions. Cela prend longtemps. D'où la nécessité d'une régularité, d'une discipline. La pratique est aussi quelque chose d'extrêmement subtil car, dans les illusions, dans les résistances, s'insinuent toutes sortes d'autojustifications, toutes sortes de tendances à trouver des échappatoires.
Faire véritablement ce travail exige abandon, dépossession, et il n'y a rien que notre ego ait moins envie de faire que de se déposséder de lui-même. De son point de vue, cette solution signifie mort, et il n'y a rien dont il ait moins envie que de mourir, d'où ses tendances à se défendre, à résister.
On a toujours besoin d'être ramené sur la voie, tel est le rôle d'une direction spirituelle. Elle permet aussi, au fil du cheminement, d'adapter l'enseignement aux réceptivités, aux possibilités de chacun. C'est comme en médecine : il ne s'agit pas de donner une panacée à tout le monde ; chaque cas nécessite un traitement spécifique. C'est ainsi que petit à petit s'opère toute progression.