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« Il n’y a aucun bouddha du passé, du présent et du futur, qui soit arrivé, qui arrive ou qui puisse arriver à l’éveil sans un guide spirituel ».
Le rôle du maître extérieur est précisément d'éviter que nous ne suivions tout ce que nous pouvons nous dire à nous-mêmes, tout ce que cette pensée discursive peut nous suggérer. Nous nous asseyons pour méditer, et il y a quelqu'un en nous qui parle : "de quoi as-tu l'air ; qu'est-ce que tu fais ; tu ne crois pas que tu ferais mieux de faire autre chose, d'aller au cinéma ou de..." On reçoit toutes sortes de sollicitations, et suivre les sollicitations de ce discours intérieur mène à toutes sortes d'errances. Quand cette petite voix nous parle, qui est-elle ? Est-ce la petite voix du Saint esprit ? Ou est-ce la petite voix raffinée, maligne, de nos suggestions personnelles ? C'est là qu'est tout le problème.
Si l'on suit sa petite voix, elle en dit des choses, pertinentes et impertinentes ! D'où la nécessité, afin de ne pas suivre la petite voix du vieil homme, de son ego, d'un rattachement à une tradition et d'une direction spirituelle.
L'humilité n'est-elle pas de comprendre ses propres limites, et de reconnaître qu'au début on est dans la confusion, dans l'illusion ? Est-il plus grande humilité que d'accepter d'être un étudiant, de reconnaître que l'on ne sait pas tout ?
Cela demande un lâcher-prise. Notre petite voix nous donne de bons conseils : "Je suis un adulte responsable, un homme fort, intelligent, je n'ai besoin de personne pour me dire ce qu'il est bon de faire".
On peut lâcher prise à tous les niveaux : si, par exemple, on cesse de fumer, c'est un lâcher-prise. On lâche prise encore lorsque l'on fait un don, don de son argent, don de son temps, don de soi de différentes façons.
Mais dans le cheminement spirituel il s'agit de lâcher ce qui nous est le plus intime, ce à quoi nous tenons le plus : notre ego. C'est comme lâcher une prise et s'abandonner dans le vide. Il y a des résistances, parce que la destination est radicalement inconnue ; vaincre cette résistance prend bien du temps.
Nous avons besoin, dans cette entreprise, d'être encouragés, d'être guidé, car il s'agit d'un véritable apprentissage.
Lors qu'on lâche ainsi prise, lorsqu'on s'abandonne au vide, on s'emplit dans cette vacuité. Dans la tradition du vajrayana, on parle de la plénitude de la vacuité, on peut dire en d'autres termes que c'est en mourant à soi-même que l'on naît à la présence divine.