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« Il n’y a aucun bouddha du passé, du présent et du futur, qui soit arrivé, qui arrive ou qui puisse arriver à l’éveil sans un guide spirituel ».
On a souvent de petits éclairs, des instants d'émerveillement, de joie, des instants où l'on a perçu quelque chose de cette expérience au-delà de son petit moi, mais on met traditionnellement fort en garde contre ce genre d'expériences car on peut très facilement s'abuser en prenant une petite expérience pour une grande réalisation. Là aussi, l'humilité est de mise. On peut très facilement se laisser fasciner par de petites expériences, érigeant celles-ci en grandes réalisations. C'est l'une des raisons pour lesquelles la vigilance et les conseils sont traditionnellement considérés indispensables.
La véritable humilité est l'acceptation de la nécessité de se présenter en apprenti. Le rôle d'une direction spirituelle, et par là même d'un guide extérieur, est de nous remettre dans la voie droite. Si nous savons être ouverts à sa présence, il a cette fonction de miroir en lequel nous pouvons voir ce qui se passe en nous. Si l'on sait le voir et l'accepter, on évite toute déviation.
On peut aussi être confronté dans sa vie à toutes sortes de coïncidences. Effectivement, nous avons cette double nature : éveillée et confuse ; plus nous sommes ouverts, plus notre nature confuse est transparente, plus il y a dans notre vie de choses qui s'articulent spontanément sous forme de coïncidences. Ce sont de bonnes choses, mais les coïncidences ne sont pas non plus ce que l'on appelle le maître intérieur.
Le maître ultime est sans autre et sans partie : nous l'appelons nature de bouddha. La manifestation de cette nature de bouddha dans le relatif, c'est-à-dire dans le relationnel, c'est le maître extérieur: une personne éveillée, qui s'est éveillée, totalement ou partiellement, à cet absolu. Si elle s'y est éveillée totalement, elle est plus, elle n'est plus deux, et si elle s'y est éveillée partiellement, elle est moins, elle est transparente à cet absolu. C'est ce que l'on appelle le maître extérieur dans la conception traditionnelle, du point de vue du dharma.
Le maître intérieur, ou plutôt le maître ultime, est en connexion étroite avec le silence, avec le silence du mental, le silence de la pensée discursive. De ce point de vue, tout dialogue, fût-il intérieur, voire sublime, avec un tel maître, n'est pas celui de la pensée discursive.