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C'est quelque chose que l'on apprend à faire dans la pratique de tonglèn. Tong signifie "donner", et lèn signifie "prendre" ou "accepter".
L'idée est que l'on apprend, dans cette pratique, à accepter. On apprend à être exposé à la réalité, à laisser la réalité de l'autre pénétrer dans sa bulle.
La pratique de tonglèn commence par l'acceptation, une capacité à dire "oui". "Oui" est ce par quoi l'on accepte. "Non" est ce par quoi l'on refuse.
Nous avons habituellement dans nos relations une propension très forte au "non", à garder des distances, à repousser. Le non qui repousse, qui distancie, est l'énergie qui sous-tend la dualité : "non". C'est l'agression, l'aversion, le refus, la prise de distance, la séparation ; alors que "oui" est l'acceptation. "Oui" va dans le sens du rapprochement, de l'ouverture, de l'union.
Dans une situation quelle qu'elle soit, il est fondamental d'avoir d'abord une attitude d'acceptation, une attitude de "oui". Oui ne signifie pas que l'on va abonder en n'importe quoi présent en cette situation ; mais "oui, la situation est telle qu'elle est", "oui, c'est la panade", "oui, c'est la chienlit", "oui, quoi que ce soit, c'est comme c'est".
"Oui" fait que l'on s'ouvre à la réalité de l'expérience. Et en s'ouvrant à la réalité de l'expérience, l'on trouve en cette ouverture la réceptivité et la disponibilité qui permettent de répondre de façon adaptée, harmonieuse : une réponse de cœur et d'esprit ouverts, une réponse d'amour et de compassion.
La réponse d'amour, la réponse de compassion authentique demande que l'on donne à l'autre le meilleur de soi
Cet amour et cette compassion, réceptivité-disponibilité, ne sont pas à confondre avec une attitude d'acceptation servile, résignée ou fataliste, ni avec une attitude stoïque, défaitiste, mièvre, peureuse, pleutre ... il y a, dans l'ouverture à la réalité et dans la disponibilité qui en provient, la possibilité de répondre de façon adaptée, quelle que soit la demande réelle de la situation, sans a priori.
Il ne s'agit pas d'être conventionnellement bon, au sens d'être mielleux, mièvre ou finalement peut-être pleutre.
La réponse d'amour, la réponse de compassion authentique demande que l'on donne à la situation, que l'on donne à l'autre le meilleur de soi, le meilleur de son cœur, le meilleur de son esprit, c'est le deuxième aspect de la pratique de tonglèn, qui est de donner.
On accepte, et ensuite, dans l'ouverture de l'acceptation, l'on donne.
Vous verrez plus en détails l'apprentissage de la méditation de tonglèn et comment cette acceptation et ce don se pratiquent de façon systématique associés à la respiration.