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En pratiquant comme l'enseignent en détail les écritures et les instructions de méditation, on peut arriver à la conclusion indubitable du "non-soi" (1).
Cette compréhension commence par l'expérience d'absence d'existence propre du sujet ; le soi ou le moi est dépourvu d'existence intrinsèque.
Ce que nous appelons communément notre esprit, moi, le sujet, n'a pas de caractéristiques en termes de formes, couleurs ou quoi que ce soit. Ce n'est pas une chose autonome ou identifiable ; il est indéterminable et indéfinissable. Cette absence d'existence comme chose indépendante et définissable est ce qu'on appelle sa vacuité. Mais si nous pensions que l'esprit est vide parce qu'il n'est rien du tout, il nous faudrait le reconsidérer en tant que connaisseur de toute chose et producteur de la variété de nos pensées et émotions. C'est ainsi, au moyen d'investigations et d'examens, qu'arrive progressivement par l'expérience directe une compréhension indubitable de la nature de l'esprit et de l'absence de "soi-sujet".
De plus, les objets du monde extérieur, tout ce qui se présente à nous comme formes, saveurs, sensations tactiles ou comme objets de connaissance de l'esprit, consistent en projections de cet esprit qui est vacuité. Toutes ces expériences sont par nature semblables à une illusion ou à un rêve. Elles consistent en l'agencement de facteurs interdépendants et sont dépourvues d'existence propre. La méditation permet la conclusion certaine de l'absence d'entité autonome dans tout objet de connaissance, l'absence de "soi-objet".
L'absence d'entité autonome, de soi, tant dans le sujet que dans les objets est le "double non-soi". Demeurer absorbé en son expérience est méditer la perfection de connaissance transcendante ou encore bodhicitta ultime.
Notes
(1) On appelle « soi » une entité qui serait autonome, auto-suffisante, et permanente. Si les choses et les êtres nous donnent bien l'impression d'être de telles « soi-entités », un examen attentif met en évidence qu'ils n'existent pas comme tels ; Cette absence de soi-entité est nommée « non-soi ».
On distingue dans nos expériences habituelles le soi du sujet ou de la personne, c'est-à-dire l'entité apparente que je suis, moi, dans mon identité habituelle, et le soi des objets, c'est à dire les soi-entités que sont tous les objets de notre monde extérieur.
Le caractère fictif et illusoire de ces deux soi, leur absence de réalité véritable, est appelé « le double non-soi ». Ce double non-soi est la vacuité de tout phénomène, ce qui signifie qu'ils sont tous dépourvus de soi, d'existence propre ou intrinsèque.
A suivre...