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Tous les êtres - qui n'ont pas la réalisation du sens de ce double non-soi - ont été nos parents, nos proches, nos enfants, ceux qui veillèrent sur nous et nous firent du bien. Aveuglés par leur ignorance, ne reconnaissant pas la nature de la réalité, du double non-soi, ils sont illusionnés par cette propension fondamentale qui leur fait saisir un je là où il n'y en a pas, et appréhender comme entité autre ce qui n'en est pas une.
Entre les deux pôles de cette dualité sujet-objet, je-autre, naissent toutes les passions de l'esprit, sous l'emprise desquelles les êtres accomplissent d'innombrables actes nuisibles, qui les font errer sans fin dans le cycle des existences, et éprouver les diverses souffrances des six états d'être. Bien qu'aucun ne désire souffrir, tous accomplissent les actions nuisibles qui sont l'origine des souffrances. Tous n'aspirent qu'au bonheur, mais sont incapables de l'obtenir, ignorant que sa source est la pratique des vertus! Une compréhension et une expérience profondes de cette situation paradoxale et douloureuse nous emplissent de compassion pour eux.
Cet exemple montre comment un début de compréhension de la vacuité peut faire se développer une profonde compassion (2).
Le bodhisattva médite ainsi sur la conjonction de la vacuité et de la compassion, et finalement sur la vacuité qui a pour cœur la compassion. C'est le fondement des pratiques du mahayana, la voie sans erreur qui conduit à l'état de bouddha.
(2) La conjonction ultime de la vacuité et de la compassion s'exprime dans la compassion sans référence d'un bouddha.
A suivre...