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Travailler au potager comme avec une vieille « pote âgée », Dame terre, si tendre si délicate et si sensible.
J'ai découvert que les légumes étaient comme moi, ils n'aiment pas boire trop froid, ils n'aiment pas les chocs thermiques, ils demandent de la douceur, de la patience, de l'attention.
Comme chez nous, les humains, il y a ceux qui trouvent leur place, leur force dans la terre naturellement puis il y a ceux qui ont moins de chance, ceux dont les circonstances sont moins favorables et demandent plus d'attention !
Il y a les immigrés, ceux qui sont plus fragiles et demandent des soins particuliers venant de régions lointaines et qui se sont adaptés avec bonne grâce à nos climats mais demandent tout de même de la vigilance, connaître leur origine permet de mieux les comprendre et de mieux les faire pousser en respectant leur dimension.
Ceux qui s'enfoncent dans la terre pour puiser leur force, et ceux qui restent en surface, sans pour autant ne pas donner toutes leurs qualités et tout leurs talents comme les courgettes par exemple. Nous les avons ramassées avec joie. Pas facile de savoir cueillir le fruit quand il est mûr ! Ni trop tôt, ni trop tard.
Pas facile de reconnaître les herbes nuisibles de celles qui peuvent au contraire apporter leur richesse au potager.
Pas facile d'éclaircir les carottes, d'éliminer celles qui empêcheront les autres de pousser.
Ça demande de la clairvoyance et du discernement.
Le potager, lieu d'expérience profonde de méditation, lieu de partage simple sur les choses simples de la vie. Espace ouvert plein de possibles, plein de diversité, de richesse.
J'ai découvert un nouveau monde. Un monde qui me ressemble, un monde à mon image, plein de mystère, et de vie. Un monde que je dois apprendre à apprivoiser, à aimer pour qu'il donne le meilleur de lui-même.
Le potager me parle de moi.
La couleur des choux sous le soleil du domaine d'Avalon me parle de moi. Toutes ces veines, ces ridules, ces reflets, cette transparence, cette expression propre à chaque variété me parle de moi.
Me parle de toutes mes expressions, mes qualités, mes richesses intérieures qui restent parfois trop souvent endormies.
Toutes ces herbes nuisibles qui m'empêchent de pousser harmonieusement !
Ça me parle aussi de toutes les combinaisons possibles que je peux trouver en moi-même, de toutes mes ressources pour que toutes ces variétés, ces facettes de moi-même cohabitent et collaborent ensembles.
Merci pour mes guides, Lama Tcheupel et Heike pour mes premiers pas dans le potager.
Carine
On parle aussi beaucoup d’éthique de nos jours et il convient je pense d’en (re)préciser le sens.Ethique vient du Grec ethos qui signifiait littéralement « milieu naturel » ou de façon plus élargie« comportement dans un milieu naturel » ;les romains l’ont traduit par mors,morès : « mœurs » qui a ensuite donné morale .A partir de là, il y a eu un glissement de sens,qui d’un comportement en accord avec l’environnement est passé à une référence à une loi normative et figée ,applicable en toute circonstance :la morale.
L’écologie est éthique,l’écologisme est moral,vous saisissez la différence.Chögyam Trungpa disait que la Sangha n’était pas seulement une « assemblée de bouffeurs de riz brun » L’écologie ne s’arrête donc pas aux portes des parcs naturels et à la verdure .A l’horizon 2050,nous serons environ 10 milliards sur terre et l’on ne pourvoira pas aux besoins nutritionnels & énergétiques d’une telle société postmoderne,uniquement avec des potagers et des éoliennes.Pour cela,encore faut-il disposer d’un jardin,80% de la population mondiale vit en ville.
Par contre,même sorti de son cadre « l’esprit du jardin » peut nous habiter et nous apprendre beaucoup de choses ,ce dans les domaines les plus inattendus.De nombreuses innovations artistiques,scientifiques et économiques sont encore à naître,faisons en sorte que ce là se fasse sous les meilleurs auspices :ceux du jardin ! c’est mon souhait…