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Cette fois, ça y est, je quitte la ville grise, Le béton, la fumée, ne seront plus de mise. Je pars pour une semaine en terrain encaissé, Pour donner de mon temps au nouveau potager.
En arrivant là-haut, une silhouette se dessine. Avec bottes et chapeau, un sourire s'illumine. C'est le gardien des lieux, qui accueille pêle-mêle, Toutes bonnes volontés et son nom est Tcheupel. Heike et Fabienne, les belles dakinis, S'activent avec passion et charme autour de lui. Ils me mettent au travail sans que je m'en rende compte. Il faut séduire la terre avant de faire les comptes. Ça creuse, ça grelinne, ça étale le fumier. Ça transpire et fatigue, mais épuise les pensées. Celles d'avant, celles d'après qui nous tiennent attachés, Toutes elles se relâchent auprès du potager.
Quand la terre est prête, vient le temps du semis. Même sans la main verte, on prend plaisir ici. Chacun de nous y va de son avis précieux, Et de semer ensemble nous rend tous plus heureux. Ça discute, argumente sur le chemin à suivre : Arroser d'abondance ou alors laisser vivre. Pas de conflits ici, y aller à la faux, Pour que tout s'épanouisse et pousse comme il faut.
Et les pommes de terre qu'il faut laisser mûrir. Et les carottes aussi, encore les éclaircir. Jeter un œil parfois aux courgettes qui croissent, En souhaitant pour tous qu'elles produisent en masse.
On a beau en enlever, les pierres toujours reviennent, Il faut recommencer, se donner de la peine.
Au bout de la journée, la récompense est douce Celle d'avoir donné et d'être utile à tous.
Après cette semaine, je suis rentré chez moi. J'ai pleuré en voyant le béton sous mes pas. Et je me suis promis dans mon cœur lassé, De retourner très vite dans le saint potager.
Djigmé |
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