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Le Sangha Rimay est une communauté bouddhiste mixte. Il regroupe des personnes de toutes origines et activités, profondément engagées dans la pratique des valeurs éthiques et spirituelles de la tradition du Bouddha. Il suit en particulier les traditions tibétaines Shangpa et Marpa Kagyu dans une perspective "rimay"("sans partis pris"), terme tibétain qui exprime la primauté de l’expérience contemplative et la vision "d’unité dans la diversité" qui en procède.
Avant propos : cette première maxime est découpé en une courte introduction, puis les 4 idées fondamentales et enfin la conclusion avec les question/réponses.
1 - Commence par pratiquer les préliminaires.
a) Les préliminaires aux enseignements : Les Quatre Notions Fondamentales
b) Les préliminaires à une session de pratique.
(N.d.webmaster : comme nous sommes sur internet, nous ne verrons pas les préliminaires à la session de pratique ; pour approfondir, rendez-vous dans un centre du dharma)
II - LES PRELIMINAIRES (suite) Changer notre mentalité.Nous méditons aussi, pour changer notre mentalité, sur ce que nous sommes dans cette succession de naissances et de morts qu’est notre expérience.
Lorsque nous voyons bien cette situation en laquelle nos conditionnements nous font passer perpétuellement d’états heureux à d’autres douloureux, nous comprenons la possibilité d’entrer en
relation avec une santé fondamentale libre de ces conditionnements qui nous font ainsi fonctionner de manière cyclothymique.
"Samsara" est un mot sanscrit qui signifie "cycle" ; c’est le "cycle des existences". L’idée est que notre conscience est conditionnée par le karma, positif ou négatif, et que, sous l’impulsion
du karma, nous passons par différents états, constamment, de vie en vie.
Ces différents états de conscience sont traditionnellement appelés les "six mondes". Ils constituent l’ensemble des existences conditionnées ; et le passage de la conscience, conditionnée par le karma, de l’un à l’autre de ces états constitue la transmigration dans le samsara.
Le samsara vient à son terme au moment de l’éveil. La conscience habituelle se libère alors dans l’expérience de l’esprit pur au-delà de la conscience individuelle. C’est l’esprit du Bouddha, l’esprit éveillé.
Il y a le samsara, les existences conditionnées par le karma, et au-delà du samsara, l’éveil, le nirvana, la délivrance et la fin de la conscience individuelle.
Le point important dans notre méditation pour changer de mentalité est de se rendre compte que tous les états du samsara sont problématiques : ils sont imparfaits. L’erreur consiste à vouloir trouver, rechercher le bonheur dans les états conditionnés.
Nous essayons habituellement de trouver le bonheur en accumulant, en possédant, en se protégeant, en se sécurisant, en acquérant des assurances, des protections, en s’entourant de choses, de personnes...
Ces recherches, avec la véhémence que nous mettons dedans, finissent par donner plus de problèmes que de satisfactions. C’est l’aboutissement de la recherche du bonheur dans le samsara.
"Les bonheurs du samsara sont comme des réjouissances offertes par le bourreau qui nous conduit à l’exécution"nous dit le texte. L’image est crue. Habituellement nous sommes fascinés par les choses du samsara. Nous sommes attirés et cette fascination est, de notre point de vue, l’attrait de quelque chose que nous percevons comme bon.
Mais l’investissement dans cette fascination, l’attachement que nous y mettons, nous enchaîne au samsara et nous amène à « perdre l’éveil », nous amène aux problèmes, à la mort et, en ce sens, à l’exécution.
Cette phrase nous suggère de ne pas être fascinés par les plaisirs immédiats du samsara et de les percevoir comme le spectacle qui serait fait sur la place d’exécution, alors que nous sommes le sujet de l’exécution.
Les choses, les personnes, les lieux, toutes les choses du samsara, toutes attrayantes qu’elles puissent dans un premier temps apparaître, sont finalement sources de problèmes, de souffrances,
que ce soit à un niveau grossier ou à un niveau beaucoup plus subtil.
C’est ce que nous dit le texte :
Les trois formes de souffrances sont : la souffrance grossière, la souffrance du plaisir et la souffrance fondamentale, existentielle.
La souffrance grossière est la souffrance "ordinaire", qu’elle soit physique ou psychologique.
Parler de « souffrance du plaisir » peut sembler paradoxal ; c’est, en fait, non pas une souffrance ordinaire, mais le problème qui est inhérent au plaisir : le changement inévitable, c’est-à-dire la disparition de la satisfaction et le manque, la frustration qui en découle. C’est cette forme de souffrance qui est nommée la souffrance du plaisir. On pourrait aussi l’appeler la souffrance du déplaisir ; c’est la souffrance du changement : passer du plaisir au déplaisir.
Il y a aussi la souffrance fondamentale, existentielle : c’est la souffrance qui consiste à exister. Le seul fait d’exister, d’être quelqu’un, est déjà un problème.
Là, ce n’est plus une souffrance ordinaire, c’est une problème qui, généralement, ne nous préoccupe pas. C’est un problème très subtil mais qui est le fond, l’origine des autres formes de
souffrance.
Exister est un problème, au sens où, pour autant que nous soyons quelqu’un, nous existons par rapport à d’autres choses – il y a "moi" et puis "d’autres" – et, dans cette coupure, nous sommes
dans une situation d’incomplétude, d’imperfection.
Cette forme la plus essentielle de souffrance est le seul fait d’exister coupé de quelque chose qui est autre que nous. C’est la souffrance existentielle et cette forme de souffrance ne disparaît qu’au moment de l’éveil, au moment où la perception de l’ego individuel disparaît définitivement. Et c’est parce qu’il y a cette existence individuelle qu’il y a l’investissement dans des relations d’attraction, de répulsion, d’indifférence, de plaisir, de déplaisir, et qu’il y a finalement les autres souffrances...
Tous les états du samsara sont toujours, aux niveaux grossiers ou subtils, perturbés par ces trois formes de problèmes.
L’existence conditionnée est imparfaite et, finalement, si nous prenons profondément conscience de cette situation, nous ne cherchons plus à accomplir notre bonheur dans des choses
conditionnées : nous pouvons aspirer au bonheur mais dans une perspective beaucoup plus juste en laquelle nous comprenons que le bonheur fondamental est dans la libération.
à suivre...
Publié le 20/04/2008 à 06h00 dans Maximes Lodjong